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Les plaines du centre du Canada |
Près de 6 mois avaient passé depuis mon arrivée à
Montréal. Le Canada offrant bien plus de richesses que le seul Québec, il était
temps pour moi de quitter cette province et de partir à la conquête d’autres
contrées. Ainsi, le dimanche 4 septembre à 7h55, un jet de la compagnie Air
Canada Jazz décollait de Montréal, avec moi à son bord. L’engin effectua son
ascension pendant une dizaine de minutes, puis stagna à peine quelques instants
au-dessus des nuages, avant d’entamer sa descente vers notre escale, Ottawa. Le
vol n’aurait à peine duré que 19 minutes, pour un transit de 2h… Record
pulvérisé ! Le voyage vers l’Ouest canadien durerait quant à lui près de 6h.
C’est incroyable de se dire que tant de temps de vol est nécessaire pour un
trajet au sein d’un même territoire… Mais après tout, le Canada n’est simplement
que le deuxième pays le plus vaste au monde !
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L'une des vallées vues de l'avion |
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Les Rocheuses dans toutes leur splendeur |
Passées les provinces de l’Ontario,
du Manitoba, du Saskatchewan et de l’Alberta, nous entamâmes le survol de la
Colombie Britannique et de l’impressionnante chaîne de montagnes que constituaient
les Rocheuses. Au-dessous de nos pieds s’étalait un fantastique décor fait de
montagnes qui s’élevaient à plus de 3800 mètres de hauteur, sur une largeur de
plus de 1000 kilomètres. Au milieu d’entre elles, je pouvais contempler
d’innombrables lacs tous plus bleus que le ciel, rappelant les eaux turquoises
entourant les îles du Pacifique, et des vallées offrant de richissimes
ressources en terres arables. Le paysage était magnifique, d’autant plus que je
m’attendais à rester un mois au moins au sein de l’une de ces vallées.
Il était 15h heure locale lorsque j’atterris à Vancouver, cette agglomération de plus de 2 millions d'habitants. J’empruntai le Skytrain pour me rendre dans le Downtown et l’auberge que
j’avais trouvée sur Internet. Dès mon arrivée dans le centre-ville, je fus
subjugué par la beauté du lieu. Une ville des plus propres, extrêmement moderne
au regard des tours faites de verre bleu, entourée par les montagnes et les
pieds dans le Pacifique offrant des plages moins impressionnantes que la
brésilienne Copacabana mais tout de même agréables. Elles possédaient de
surcroît des noms assez recherchés : First Beach, Second Beach, Third Beach, et
je vous laisse deviner les suivantes…
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Le Downtown et la marina vus du Parc Stanley |
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La chambre à notre arrivée... |
The American Backpacker, l’auberge dans laquelle je
m’installai, était située sur Pender Street West, au coin avec Homer Street,
non loin du Chinatown. Le troisième quartier chinois le plus important d'Amérique du Nord proposait quelques supermarchés me permettant
de me ravitailler en nouilles, beignets de crevettes, soupes et autres mets
asiatiques à bas prix. Les tarifs de l’auberge, quant à eux, n’étaient pas non
plus des plus élevés, avec seulement 10$ pour une nuitée en dortoir de 6 lits.
Conformément à son prix, l’endroit n’était pas des plus salubres. Les
plafonds étaient généreusement fissurés, certaines portes ne fermaient plus,
les matelas offraient de cruels massages avec leurs vieux ressorts pendant le
sommeil, le balai ne semblait pas être passé très régulièrement sur le sol en
linoleum craquelé et bosselé, et mes camarades de chambre n’étaient pas les plus ordonnés qui soient. Néanmoins,
comme tout endroit sur terre, ce n’est pas le lieu mais les hommes qui le
peuplent qui font l’impression. Et j’y rencontrai bien des gens sympathiques,
joviaux et intéressants. Des Québécois revenant de la cueillette des fruits
dans la
vallée d’Okanagan, un jeune couple de Français installés à Toronto (en
Ontario, dans la partie Est du Canada) en visite de la côte Ouest de l’Amérique
du Nord, un Argentin coincé à Vancouver pour avoir perdu son passeport dès son
arrivée à l’aéroport, et de très nombreux Asiatiques. La ville en était en
effet peuplée, à tel point que l’on aurait aisément pu la comparer à n’importe
quelle ville moderne d’Asie. Ainsi, lorsque je sortis pour la première fois du
SkyTrain, la rue était fermée car avait lieu un festival japonais dont le nom se
rapprochait de Li-Tsi, Ji-Tsu ou Tu-Tsi. Je me tournai vers mon ancien
colocataire et copropriétaire du van, qui m’accompagnait dans ce périple, et
lui demandai : « mais dis-moi, Renato, sommes-nous arrivés par
mégarde jusqu’à Hong-Kong ? » Par ailleurs, certains surnomment même la ville Hongcouver.
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Le Chinatown de Vancouver |
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Ayumi et ses chefs d'oeuvre de calligraphie |
A l’auberge, les Japonais surpassaient de bien loin toutes les autres nationalités par leur nombre. Je rencontrai ainsi Mao et Ayumi, deux jolies puéricultrices
âgées respectivement de 23 et 29 ans, la dernière nommée nous faisant partager
ses connaissances en calligraphie japonaise et chinoise ; Zac, un jeune voyageur énergique en quête d’aventures au travers du Canada ; Dao, un jeune travailleur en transit bientôt de retour au pays du soleil levant, et
bien d’autres avec qui nous passèrent du bon temps. La grande majorité, à mon
plus grand étonnement, venaient tout droit de Tokyo.
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Un vendeur de hot-dogs urbain |
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Le Parc Stanley |
Je passai ainsi trois jours à Vancouver, à me promener le
long des rues du Dowtown (apparemment très inspiré de l'urbanisme de San Fransisco) et de ses tours futuristes, de la marina emplie de
yachts tous plus clinquants les uns que les autres et faisant face à la
barrière montagneuse des Rocheuses, ou du Parc Stanley situé sur la péninsule
Nord du centre-ville (troisième plus grand parc urbain d'Amérique du Nord) et regorgeant d’oiseaux en tous genres. J’eus même la
chance de profiter du spectacle incroyable d’un pêcheur vidant ses poissons et
donnant nonchalamment les restes à quatre phoques, au beau milieu du port. Puis
j’appelai le Workzone d’Oliver, petite ville située dans le Sud de la vallée d’Okanagan, à 400 Km à l’Est de Vancouver. L’Office de Travail m’informa que le
travail ne manquait pas. Nous décidâmes donc, avec mon compagnon de voyage, de
réserver deux billets de bus pour le surlendemain. L’heure de départ était
fixée à 6h. Pour s’offrir une aventure supplémentaire, nous décidâmes de ne pas
payer la nuit à l’auberge et de veiller jusqu’au départ. Nous fîmes nos bagages
et attendîmes donc toute la nuit, en compagnie des irréductibles somnambules de
l’American Backpacker, avec qui nous passèrent une nuit endiablée entre les
bars du quartier et le salon de l’auberge. L’heure du départ sonna enfin, et
nous nous rendirent à la gare d’autobus de la compagnie Greyhound. A peine le
véhicule démarra-t-il que je m’endormis, rêvant aux futures aventures que
j’allai vivre. Et Dieu seul savait à quel point je ne serais pas déçu…
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Ceux qui nous aidèrent à "patienter" pour le bus |
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Vue depuis la marina vers le bras de mer Burrard Inlet |
Renaud TEILLARD
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