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Soyez les bienvenus sur ce blog qui retrace mon périple d'une année et demie au Canada. J'espère qu'à travers celui-ci, vous pourrez découvrir en partie ce chaleureux et fantastique pays !
N'hésitez pas à partager l'adresse de ce blog, et tout commentaire ou suggestion sera bien évidemment plus que bienvenu.

Merci de votre visite, et bonne lecture !

Pour les amateurs de films, n'hésitez pas à visionner les vidéos que j'ai réalisées sur mon aventure canadienne !

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7 juil. 2012

Un nouveau contrat


Entre deux contrats, nous passons quelques jours à Vancouver, où nos amis Aymeric et Alice font escale. Pour effectuer une rapide piqûre de rappel, Aymeric et moi étudions dans le même collège en 1999, au LIF (Lycée International Français) de Jakarta, en Indonésie. Et c’est par la plus hasardeuse des rencontres que nous nous étions retrouvés à Montréal, en allant chercher notre numéro d’assurance sociale, douze longues années plus tard. Ensemble, ainsi qu’avec Alice et Renato, nous avions fait l’acquisition d’un van que nous avions réparé, réaménagé, puis finalement laissé entre les mains d’un Québécois qui, faute de parvenir à le vendre, l’avait vendu à une casse, ou « cour à scrap », pour la magnifique somme de 350$. Nous nous étions scindés en deux groupes, Renato et moi partant découvrir l’Ouest canadien, et les deux tourtereaux faisant l’acquisition d’un monospace pour suivre l’itinéraire que nous avions planifié ensemble.
L'intérieur du van, objet de mille joies et douleurs

Nous nous retrouvons à Vancouver quelques mois plus tard. C’est un véritable plaisir que de les revoir, et tant de choses sont dites. Ils nous racontent leur voyage à l’Est, où ils ont pu découvrir le Lac Saint-Jean, la Gaspésie, le Nouveau-Brunswick, puis leur traversée d’un continent à l’autre par les Etats-Unis d’Amérique, et leur mésaventure mécanique dans le Montana, état maudit vu la déconvenue qu’a également connu notre ancienne colocataire Anna où son véhicule a rendu l’âme. Nous leur racontons en parallèle nos aventures parfois irréalistes à Vancouver puis dans l’Okanagan, la facilité à y trouver du travail, l’extravagance de certaines de nos rencontres,…
Ils nous apprennent qu’ils partiront quelques jours plus tard en croisière, sur le voilier d’un ami, pour voguer un mois durant sur les eaux cristallines de la Mer des Caraïbes. La vie est belle… Nous nous remémorons également ces merveilleux moments passées dans l’ancienne capitale du Canada, les longues fêtes costumées, et surtout les heures passées à travailler sur le van, riant à gorge déployées que nous permet le recul et la digestion permise par le temps qui a passé entre-temps.

Mes compagnons Alice, Aymeric et Renato
Après ces heureuses retrouvailles, nos chemins se séparent pour la deuxième fois, en sachant que nous nous reverrons dans les Rocheuses quelques mois plus tard. Il est temps pour Renato et moi-même de retourner à nos pommiers. Quelques heures de trajet à travers monts abrupts et vaux encaissés. Nous quittons la chaîne côtière et pénétrons dans la vallée de Similkamen, rattachée à l’Okanagan. Nous voici revenus à Oliver, et devons récolter le fruit d’Abjit.

Le lendemain matin, nous nous rendons sur son verger, et négocions un prix à la benne. Etant donné la facilité attendue et la richesse de la récolte, le tarif obtenu est légèrement inférieur à la moyenne du marché. Nous nous attelons rapidement à la tâche. A la fin du jour, nous obtenons chacun 110$, en ayant adopté un rythme assez convenable, et fixons un objectifs plus ambitieux pour le lendemain.

Un "picking" plus agréable
Nous restons sur ce contrat une dizaine de jours, et rencontrons différents « pickers » dont Tom, un Canadien natif de la région, et âgé de cinquante-sept ans. L’homme a vécu quelques années de l’autre côté de la frontière puis en a été chassé pour une raison que nous ne découvrirons jamais, ce qui entame notre curiosité d’autant plus grande qu’on lui donnerait le bon dieu sans confession. Mais par-dessus tout, il attire notre plus grand respect, lorsqu’il nous apprend travailler ainsi chaque été lors de congés, depuis de nombreuses années, et son âge ne l’empêche point de travailler plus efficacement que nous. Nous découvrirons par la suite que la situation de cet homme n’est pas unique, et que nombreux sont ceux qui, au lieu de dépenser de l’argent pendant les vacances, consacrent les leurs à gagner près de 10.000$ en moins de six semaines, grâce à une technique améliorée avec les ans.






Renaud TEILLARD


5 juin 2012

Vidéo personnelle de Banff

Mon aventure au Canada se termine par les Rocheuses de l'Alberta, et plus spécifiquement à Banff, où j'aurai notamment passé la saison d'hiver. Pour synthétiser cette fin de parcours, profitez de cette vidéo, également disponible sur Youtube.








Renaud TEILLARD

4 avr. 2012

Histoire de l'Okanagan


Des membres d'une tribu de l'Okanagan
La vallée d'Okanagan, dans laquelle je serai resté plus de deux mois, se situe dans la province de la Colombie-Britannique. A 350 kilomètres à l’Est de Vancouver (au-delà de la chaîne montagneuse Columbia), à 150 kilomètres à l’Ouest des Rocheuses Canadiennes, elle est limitrophe de l’État américain de Washington. La région telle que connue actuellement date d’environ 10.000 ans. A la fin de l’ère glaciaire, lorsque les grands glaciers se retirèrent, ces derniers laissèrent dans leur sillage de vastes dépôts de gravier, de sable et de limon, offrant une terre riches en alluvions pouvant aisément permettre une agriculture raisonnable. Un immense lac glaciaire laissa peu à peu sa place à un immense chapelet de lacs, dont la superficie du plus grand correspond à 60% de celle du Lac Léman (soit 351 km²) bien que plus étendu. Il fut nommé Lac d’Okanagan, en référence à la première tribu établie sur ses berges. Le terme, Ukwnaqin en Salish, signifie « lieu où il y a de l’eau ». Ces Amérindiens étaient de redoutables chasseurs de cerfs et de caribous, et parfois de chamois et d'ours, et des pêcheurs chevronnés. La richesse de la faune de l'Okanagan permettait à cette tribu d'être bien moins nomade que ses semblables. En conséquences, elle se permettait de construire des abris fixes, majoritairement des « pit houses » ou maisons en fosse, érigées en creusant un trou de un à deux mètres dans le sol, recouvert de branchages et de peaux en guise de toit. Ces Indiens vécurent en autarcie quasi totale jusqu’à la conquête de l’Ouest canadien par les Occidentaux.


Exemple de "pit-house"

Emplacement de la vallée de l'Okanagan, en rouge
Ce fut en 1811 que le premier « visage-pâle » entra en contact avec les natifs. Il s’agissait de David Stuart, un marchand de fourrure écossais. Son cousin, employé à la Compagnie de la baie d’Hudson, ouvrit trois ans plus tard la première route commerciale. Celle-ci fut plus largement utilisée à partir de 1850 par les mineurs puis les missionnaires qui fondèrent la ville de Kelowna, aujourd’hui principale commune de la région. On commença par élever du bétail, industrie restant durant des années comme la plus rentable de la région. Puis on se mit à cultiver fruits et légumes. Parmi les premiers vergers canadiens, nombreux furent ceux qu’importèrent les Européens. Dans l’Ouest du pays, la Compagnie de la Baie d’Hudson planta les premières graines de pommier dans la région de Vancouver (1826.) Trente ans plus tard, les premiers vergers furent plantés dans la région de l’Okanagan. Et dans les années 1930, la première fabrique de vin fut implantée, et avec elle des technique d’irrigation pouvant permettre une culture à grande échelle, et qui put ainsi résister aux températures et à la sécheresse de la région.

Il convient ici de signaler que le Sud de la vallée constitue l’extrémité Nord du désert mexicain semi-aride de Sonora, reconnu pour ses immenses cactus pouvant atteindre quinze mètres de hauteur et son altitude élevée permettant l’installation de nombreux observatoires. Cette présence désertique confère à la ville frontalière d’Osoyoos  le statut de municipalité la plus chaude et sèche du Canada. On retrouve ainsi dans la vallée une faune et une flore unique dans le pays : serpents à sonnette, scorpions et lézards érigent leur habitat au milieu des cactus et autres plantes de désert.

La plus grande concentration de vignobles au Canada

Très rapidement, l’industrie fruitière connut un essor hors du commun. A la fin du XIXè siècle, le Coldstream Ranch faisait déjà partie des plus importants producteurs de l’Empire Britannique. Puis l’importance de la culture grandit encore d’avantage avec l’arrivée du chemin de fer en 1886. Et par la suite l’industrie vinicole, notamment grâce à l’importation de plants français, devint le moteur économique de la vallée d’Okanagan. Aujourd’hui, Oliver bénéficie du statut de ville ayant la plus grande concentration de vignobles au Canada.








Renaud TEILLARD

5 mars 2012

First day in the Okanagan Valley


Le lac d'Okanagan vu du ciel
Six heures de trajet en autocar sont nécessaires pour nous rendre dans cette petite ville d’Oliver. Cette dernière fait partie de la vallée d’Okanagan, dominée par le lac du même nom, au cœur même des Rocheuses. Long de plus de 110 kilomètres et large d’environ 10 km, cette étendue d’eau offre une terre des plus cultivables en Colombie Britannique (BC). La ville principale, Kelowna, est située pour la partie principale en plein milieu de la rive Est du lac et compte plus de 106.000 habitants. Fondée en 1859 par des religieux français qui y installèrent une mission, elle est aujourd’hui la troisième ville la plus importante de la province et bénéficie d’un développement sans pareil, notamment grâce à son climat exceptionnel : chaque année, seulement 300 millimètres de pluie, 1 mètre de neige et pas moins de 2.000 heures d’ensoleillement (soit près de la moitié du temps.)  Elle est surnommée par certains la Beverly Hill du BC en raison de son urbanisme, composé de modernes centres commerciaux et buildings rarement élevées,  de maisons basses et entourées de gazon anglais bien entretenu, et de véhicules clinquants et tape-à-l’œil. Nombre de ses habitants semblent également être de riches résidents promenant leurs minuscules chiens au bout d’une laisse ou dans leurs bras, habillés de survêtements roses et portant d'énormes lunettes de soleil dorées, et en prétendant faire de la marche sportive.
East Kelowna
Indépendamment de ce dernier détail qui, je tiens à le préciser, n’est qu’une impression personnelle, la ville de Kelowna est connue au Canada comme étant la plus riche de la vallée en vergers de toutes sortes, dont les fruits transitent jusqu’à Vancouver, vers les États-Unis d’Amérique et les autres provinces du pays. Chaque fruit a sa saison de récolte, et chaque mois de l’année à sa cueillette, mis à part les trois mois hivernaux. Pendant les périodes froides, au début du printemps et à la fin de l’automne, on cultive par exemple les raisins gelés pour en faire du vin de glace. Dès la fin avril et jusqu’au milieu de l’été survient le temps des cerises. A partir du mois d’août et jusqu’à l’automne, la cueillette des poires, des pêches, des prunes et en particulier des pommes bat son plein. Dès septembre, place aux vendanges. C’est là que les vergers sont les plus rentables, au regard du prix du produit fini : compter au minimum 10$ pour une bouteille de vin.


C’est précisément pour cette période que je me rends dans ce coin reculé du pays. Mais en ayant discuté avec plusieurs habitués de la cueillette, je me suis fait conseiller de ne pas me rendre à Kelowna en raison de sa taille. Ainsi, pour me déplacer de ferme en ferme, j’ai prévu d’utiliser mon pouce à outrance. Une ville plus petite serait donc plus judicieuse, et je choisis Oliver, petite ville quasi frontalière des États-Unis.
Le monstre Ogopogo qu'abriterait le lac d'Okanagan
La partie sud du lac d'Okanagan
 Nous arrivons au début de l’après-midi, sans aucune autre adresse que celle du Workzone. La taille de la ville étant si petite que trouver l’office du travail n’est pas la tâche la plus ardue. Le bureau propose des offres d’emplois, saisonniers ou à long terme, dont des dizaines dans le « fruit picking ».  Nous appelons quelques fermes via les annonces affichées, qui nous demandent tous de les rappeler le lundi suivant. Nous décidons alors de chercher directement des numéros de téléphone dans les Pages Jaunes. Le premier fermier que nous contactons nous demande de venir le lendemain à six heures trente pour commencer à travailler. Et nous nous rendrons compte par la suite que la meilleure façon pour trouver un emploi est de nous promener de ferme et ferme et de discuter avec les fermiers.







Le problème du travail étant résolu, il ne nous reste donc plus qu’à trouver un camping. Là encore en discutant avec les habitants de la ville, les Oliviers (quel drôle de nom), on nous apprend l’existence d’un camping situé à 7km au Nord de la ville, où la nuit est tarifée 5$, la semaine 25$ et le mois 75$. C’est là que débute notre aventure de « pouceux », comme ils disent au Québec. Dix minutes après avoir commencé à tendre bêtement le bras,  une magnifique Jaguar, noire et rutilante, s’arrête devant nous. Au volant, une grande et belle blonde pulpeuse, habillée à la manière des Sixties et portant la haute coiffe en chignon de l’époque. La femme, appelée Loulou, nous explique être chanteuse de cabaret et donner une représentation le soir-même sur le thème des années soixante. A notre grand étonnement, nous apprenons qu’elle est l’épouse d’un jeune pasteur actuellement en mission en Thaïlande Au fil de la discussion, elle nous invite à venir dîner chez elle la semaine suivante. Fantastique, nous disons-nous, à peine une heure après notre arrivée, nous avons déjà trouvé un emploi, un logement et une amie !





Loulou nous dépose donc au bas d’une côte au sommet de laquelle se trouve le Loose Bay Campground, possédé par un Québécois appelé Yvon. Nous plantons donc notre tente, puis faisons connaissance avec nos voisins autour d’un généreux feu de camp. Nous rencontrons ainsi Cristal, jeune et sympathique Montréalais de 18 ans ayant effectué la traversée du Canada en sautant à l’arrière des trains de marchandises, et venu passer l’été à travailler ici et là ; Gus, un punk Québécois d’une trentaine d’années, couvert de cicatrices aux bras, accompagné de deux Huskies beiges, très énergique et territorial au premier abord, et qui deviendra par la suite celui avec qui nous discuterons le plus (sûrement car nous sommes ses voisins directs) ; Tom, un canadien anglophone d’environ quarante-cinq ans, portant une longue barbe et une casquette rouge et usée, roulant dans une vieille Chrysler grise dont l’état ne permettrait que de parcourir de faibles distances.

Un évier de fortune
Passés les coups de neuf heures, harassés par la longue nuit précédente à Vancouver et la courte nuit dans le car, le sommeil nous oblige à écourter la soirée pour laisser Morphée nous amener au lendemain, qui se promet sûrement de révéler de nouvelles et riches aventures.








Renaud TEILLARD

23 févr. 2012

Arrival in Vancouver


Les plaines du centre du Canada
Près de 6 mois avaient passé depuis mon arrivée à Montréal. Le Canada offrant bien plus de richesses que le seul Québec, il était temps pour moi de quitter cette province et de partir à la conquête d’autres contrées. Ainsi, le dimanche 4 septembre à 7h55, un jet de la compagnie Air Canada Jazz décollait de Montréal, avec moi à son bord. L’engin effectua son ascension pendant une dizaine de minutes, puis stagna à peine quelques instants au-dessus des nuages, avant d’entamer sa descente vers notre escale, Ottawa. Le vol n’aurait à peine duré que 19 minutes, pour un transit de 2h… Record pulvérisé ! Le voyage vers l’Ouest canadien durerait quant à lui près de 6h. C’est incroyable de se dire que tant de temps de vol est nécessaire pour un trajet au sein d’un même territoire… Mais après tout, le Canada n’est simplement que le deuxième pays le plus vaste au monde ! 

L'une des vallées vues de l'avion
Les Rocheuses dans toutes leur splendeur
Passées les provinces de l’Ontario, du Manitoba, du Saskatchewan et de l’Alberta, nous entamâmes le survol de la Colombie Britannique et de l’impressionnante chaîne de montagnes que constituaient les Rocheuses. Au-dessous de nos pieds s’étalait un fantastique décor fait de montagnes qui s’élevaient à plus de 3800 mètres de hauteur, sur une largeur de plus de 1000 kilomètres. Au milieu d’entre elles, je pouvais contempler d’innombrables lacs tous plus bleus que le ciel, rappelant les eaux turquoises entourant les îles du Pacifique, et des vallées offrant de richissimes ressources en terres arables. Le paysage était magnifique, d’autant plus que je m’attendais à rester un mois au moins au sein de l’une de ces vallées.

Il était 15h heure locale lorsque j’atterris à Vancouver, cette agglomération de plus de 2 millions d'habitants. J’empruntai le Skytrain pour me rendre dans le Downtown et l’auberge que j’avais trouvée sur Internet. Dès mon arrivée dans le centre-ville, je fus subjugué par la beauté du lieu. Une ville des plus propres, extrêmement moderne au regard des tours faites de verre bleu, entourée par les montagnes et les pieds dans le Pacifique offrant des plages moins impressionnantes que la brésilienne Copacabana mais tout de même agréables. Elles possédaient de surcroît des noms assez recherchés : First Beach, Second Beach, Third Beach, et je vous laisse deviner les suivantes…

Le Downtown et la marina vus du Parc Stanley

La chambre à notre arrivée...
The American Backpacker, l’auberge dans laquelle je m’installai, était située sur Pender Street West, au coin avec Homer Street, non loin du Chinatown. Le troisième quartier chinois le plus important d'Amérique du Nord proposait quelques supermarchés me permettant de me ravitailler en nouilles, beignets de crevettes, soupes et autres mets asiatiques à bas prix. Les tarifs de l’auberge, quant à eux, n’étaient pas non plus des plus élevés, avec seulement 10$ pour une nuitée en dortoir de 6 lits. Conformément à son prix, l’endroit n’était pas des plus salubres. Les plafonds étaient généreusement fissurés, certaines portes ne fermaient plus, les matelas offraient de cruels massages avec leurs vieux ressorts pendant le sommeil, le balai ne semblait pas être passé très régulièrement sur le sol en linoleum craquelé et bosselé, et mes camarades de chambre  n’étaient pas les plus ordonnés qui soient. Néanmoins, comme tout endroit sur terre, ce n’est pas le lieu mais les hommes qui le peuplent qui font l’impression. Et j’y rencontrai bien des gens sympathiques, joviaux et intéressants. Des Québécois revenant de la cueillette des fruits dans la vallée d’Okanagan, un jeune couple de Français installés à Toronto (en Ontario, dans la partie Est du Canada) en visite de la côte Ouest de l’Amérique du Nord, un Argentin coincé à Vancouver pour avoir perdu son passeport dès son arrivée à l’aéroport, et de très nombreux Asiatiques. La ville en était en effet peuplée, à tel point que l’on aurait aisément pu la comparer à n’importe quelle ville moderne d’Asie. Ainsi, lorsque je sortis pour la première fois du SkyTrain, la rue était fermée car avait lieu un festival japonais dont le nom se rapprochait de Li-Tsi, Ji-Tsu ou Tu-Tsi. Je me tournai vers mon ancien colocataire et copropriétaire du van, qui m’accompagnait dans ce périple, et lui demandai : « mais dis-moi, Renato, sommes-nous arrivés par mégarde jusqu’à Hong-Kong ? » Par ailleurs, certains surnomment même la ville Hongcouver. 



Le Chinatown de Vancouver
Ayumi et ses chefs d'oeuvre de calligraphie


A l’auberge, les Japonais surpassaient de bien loin toutes les autres nationalités par leur nombre. Je rencontrai ainsi Mao et Ayumi, deux jolies puéricultrices âgées respectivement de 23 et 29 ans, la dernière nommée nous faisant partager ses connaissances en calligraphie japonaise et chinoise ; Zac, un jeune voyageur énergique en quête d’aventures au travers du Canada ; Dao, un jeune travailleur en transit bientôt de retour au pays du soleil levant, et bien d’autres avec qui nous passèrent du bon temps. La grande majorité, à mon plus grand étonnement, venaient tout droit de Tokyo.



Un vendeur de hot-dogs urbain
Le Parc Stanley
Je passai ainsi trois jours à Vancouver, à me promener le long des rues du Dowtown (apparemment très inspiré de l'urbanisme de San Fransisco) et de ses tours futuristes, de la marina emplie de yachts tous plus clinquants les uns que les autres et faisant face à la barrière montagneuse des Rocheuses, ou du Parc Stanley situé sur la péninsule Nord du centre-ville (troisième plus grand parc urbain d'Amérique du Nord) et regorgeant d’oiseaux en tous genres. J’eus même la chance de profiter du spectacle incroyable d’un pêcheur vidant ses poissons et donnant nonchalamment les restes à quatre phoques, au beau milieu du port. Puis j’appelai le Workzone d’Oliver, petite ville située dans le Sud de la vallée d’Okanagan, à 400 Km à l’Est de Vancouver. L’Office de Travail m’informa que le travail ne manquait pas. Nous décidâmes donc, avec mon compagnon de voyage, de réserver deux billets de bus pour le surlendemain. L’heure de départ était fixée à 6h. Pour s’offrir une aventure supplémentaire, nous décidâmes de ne pas payer la nuit à l’auberge et de veiller jusqu’au départ. Nous fîmes nos bagages et attendîmes donc toute la nuit, en compagnie des irréductibles somnambules de l’American Backpacker, avec qui nous passèrent une nuit endiablée entre les bars du quartier et le salon de l’auberge. L’heure du départ sonna enfin, et nous nous rendirent à la gare d’autobus de la compagnie Greyhound. A peine le véhicule démarra-t-il que je m’endormis, rêvant aux futures aventures que j’allai vivre. Et Dieu seul savait à quel point je ne serais pas déçu…


Ceux qui nous aidèrent à "patienter" pour le bus
Vue depuis la marina vers le bras de mer Burrard Inlet









Renaud TEILLARD

7 févr. 2012

Montreal Video

Le Québec restera gravé à tout jamais dans ma mémoire comme une partie du monde anglophone tout à fait hors du commun, où l'authenticité des gens et des lieux s'associe à merveille à une modernité et un progrès social exemplaire. J'y ai passé la moitié d'une année, et une chose est sûre : j'y retournerai, dans un futur plus ou moins proche.

Profitez maintenant de cette vidéo sur ces 6 premiers mois, qui resteront pour moi un souvenir inoubliable. 





Renaud TEILLARD

25 nov. 2011

Les tipp

 
Lorsque l’on voyage et que l’on entame une aventure quelque part, on redevient comme un enfant, dans la période où on s’éveille à la vie, lorsque l’on découvre tout ce qui nous entoure, et que l’on a envie de poser d’innombrables questions sur tout ce qui existe. Dans cet état d’esprit, on s’émerveille ainsi devant toutes ces nouvelles rues, toutes plus charmantes et plus longues les unes que les autres. Quelque temps après mon arrivée et ces premiers jours touristiques, où armé de mon appareil photo j’allais de découvertes en découvertes, je me décide à remplir quelques tâches administratives. Je commence par visiter quelques appartements, puis décide de signer un bail à compter du 1er avril et pour une durée de 3 mois.

Puis j'acquiers la carte de transport locale, OPUS, et je peux dorénavant me déplacer dans tout Montréal en transport en commun pour un mois. Au total pour le métro, 4 lignes colorées (orange, bleue, verte et jaune) décrivant approximativement un carré autour du Mont-Royal. Plus le réseau de bus, dont certains de nuit qui passent en moyenne toutes les 1/2h.



Je souscris ensuite un abonnement téléphonique chez Fido, un des plus grands opérateurs du pays : 25 « pièces » par mois, pour 50 minutes, une centaine de SMS, et appels illimités le soir et le week-end… On est loin des 50€ du révolutionnaire Néo by Bouygues Télécom, pour ne pas citer la marque ! Quelques jours plus tard, j’apprends même l’existence d’un opérateur spécialisé dans les cartes prépayées qui en offre à 35$ pour des appels illimités, 24/24h et 7/7j. Et pour une somme de 2,50$, je peux acheter un coupon chez le « dépanneur », ou l’épicier, me permettant de contacter la France six heures durant vers les téléphones fixes européens.

A ce propos, concernant les dollars : 1$=0,75€. Mais la conversion n’est pas nécessaire car la parité en pouvoir d’achat est à peu près similaire. Un menu dans un Burger King ou un PFK (Poulet Frit du Kentucky…) coûte alors entre 7 et 9$, hors taxes et TIPP ! Car à chaque achat, il faut ajouter au paiement près de 15% du prix affiché, plus 15% pour le pourboire si l’on est servi en salle, ce qui réserve souvent des surprises. Les serveuses ne manquent d’ailleurs pas de vous rappeler les usages en vigueur et de refuser les centimes. Ainsi, quelques jours après mon arrivée, je me rends à une soirée de l’Université anglophone Concordia, en compagnie de deux québécois rencontrés plus tôt dans la soirée et dans un bar. Je paye un verre à 2$ et effectue alors un calcul rapide : « 15% x 2$, ça nous donne 30 centimes. Je vais lui laisser 50 sous, ça devrait aller… » me dis-je. Que nenni ! Je me suis rapidement fait rappeler à l’ordre par la serveuse qui se met à me disputer presque violemment : 
-          « ho ! Je sais qu’en France, vous autres ne donnez pas de pourboire, mais ici c’est 1$ ou rien ! 
-           Ok, lui dis-je en bon négociant, on va couper la poire en deux. Voici 75 centimes.
-          Tu ne comprends donc rien ? Ici au Québec, tu me donnes 1$ ou rien !
-          D’accord ! Comme tu es très gentille… C’est rien ! Bye ! » Non mais ho, il ne faut pas abuser non plus !

 
J’ai en fait appris un peu plus tard que les serveurs étaient taxés à 8% sur les ventes qu’ils avaient réalisées.  En compensation, les clients laissent au moins 15% du montant de la table. Avec le temps, j’ai d’ailleurs appris à m’imprégner de cette culture du TIPP, puisqu’en percevant moi-même à « ma job. » Les québécois ont pour la majorité le réflexe de laisser un pourboire, même dans un café où il n’y a pas de service en salle (et donc pas de déclaration de la part des employés, soit pas de réelle obligation de laisser un pourboire.) Dans un restaurant et les bons soirs, un serveur peut ainsi gagner plusieurs centaines de dollars (rien qu’en pourboires !) par « shift », c’est-à-dire par journée de travail. Certains québécois s’offrent même le luxe de travailler tout l’été, soit 3 ou 4 mois, d’économiser quelques centaines de milliers de dollars, et puis faire le tour du monde pendant plusieurs mois. Que demander de plus ?!








Renaud TEILLARD


24 sept. 2011

L'érable et les cabanes à sucre

Il est bien connu que l’emblème du Canada est l’érable, avec la fameuse feuille présente au milieu du drapeau national. En effet, le pays produit 78% de la récolte mondiale, dont 95 % dans la seule province du Québec. Il ne faut alors pas s’étonner du nombre important de préfabriqués en bois vendant des produits à base d’érable dans les rues de Montréal. On y déguste volontiers des pancakes au sirop, de nombreux autres mets généreusement arrosés du produit, et bien sûr l’incontournable « tire », cette sorte de sucette dont je parlerai plus bas. Mais l’une des spécialités du Québec, dont on m’a beaucoup parlé avant et après mon arrivée à Montréal, c’est la sucrerie, communément appelée « la cabane à sucre. » En somme, c’est l’érablière où est cultivée la fameuse sève de printemps des érables, servant à fabriquer de nombreux produits alimentaires, dont l’incontournable sirop d’érable. En visitant l’une de ces érablières, on y peut découvrir les secrets de fabrication de ces produits, et également profiter d’un repas très riche et convivial.


L'érablière Saint-Henri
Après avoir découvert l’autoroute A20 vers le Nord une heure durant et visité quelques routes de campagne des Basses Laurentides, mes amis Emeric, Alice et moi-même empruntons la route Sainte-Marthe, puis le Chemin du Ruisseau Nord, un long sentier de terre et de cailloux qui passe par des champs de graviers ou des petits bois. Nous arrivons enfin à destination : l’Erablière Saint-Henri. De l’extérieur, c’est un grand chalet en bois entouré d’une forêt d’érables, où est installé un simple mais ingénieux système de récolte de la sève : des tubes métalliques plantés dans les troncs sucent la sève de l’érable, et sont reliés à de fins tuyaux bleus qui transportent le précieux liquide jusqu’à l’érablière grâce à un système de pompage. Là, la sève est recueillie dans de grands bacs qui font monter la température de la sève jusqu’à ébullition, et ce en plusieurs étapes, pour que l’eau s’évapore et qu’il ne reste à la fin du processus qu’un liquide consistant et sucré. Il est à noter que la sève brute ne contient qu’à peine 3% de sucre, et que pas moins de 40L sont nécessaires pour produire 1L de sirop.

Le système de récolte de la sève
Les acériculteurs, car tel est leur nom, effectuent un travail minutieux et calculé : la période de récolte ne s’étale que sur 20 jours dans l'année, à la fin de l’hiver lorsque la température est négative la nuit et positive le jour ;  la température doit être de 103,5°C environ, à adapter à l’altitude et la pression atmosphérique du moment.
Après avoir discuté avec les deux acériculteurs présents sur les lieux,  nous nous installons à l’une des tables de la cabane à dégustation où on peut entendre de la musique traditionnelle du Québec (La Bottine Souriante, Gilles Vignault,…) Et pour quelques « pièces », nous profitons d’une repas varié, riche en protéines, en vitamines et en cholestérol : on nous amène ainsi du pâté salé, à déguster avec une grosse miche encore chaude, tout droit sortie du four ; une généreuse soupe aux poireaux, pommes de terre, pois chiches et lard ; une copieuse salade de choux et carottes ; d’épais bouts de saucisses, du jambon, des haricots et du bacon cuits dans du sirop d’érable ; des « oreilles de cris », ce gras de bœuf grillé en forme d’oreilles ; du ragout de boulettes de viandes ; du flan d’œuf, sorte d’omelette consistante ; de la tourtière à la viande, et bien évidemment des pommes de terre. Le tout agrémenté de cornichons macérés dans du sirop et larges comme mon poing, de betteraves, de chesnut, de sucre, sirop et beurre d’érable. Malgré la faim qui nous tiraillait avant d’entamer le repas, et le fait que ces mets soient proposés à volonté, nous n’en demandons pas d’avantage, d’autant que le dessert n’a pas encore été servi : des « grand-pères », sortes de pain perdu cuit au sirop d’érable, des pancakes, une tarte au sucre et une tarte au sirop d’érable. Tabarouette, j’ai crissement bien mangé !

La tire
Après une rapide digestion, on nous propose enfin de découvrir la tire : on verse du sucre encore chaud sur un bac de glace, et avec des bâtons de sucettes nous enroulons le sucre autour. Une petite douceur avant de reprendre la route, pour retourner au travail et à la vie citadine montréalaise !
















Renaud TEILLARD




6 août 2011

La ville de Québec

Les villes de Québec et de Montréal sont séparées par environ 250 kilomètres. Pour s’y rendre, de nombreuses personnes empruntent l’autocar et payent près de 80$ pour l’aller et le retour. Une manière plus confortable, moins onéreuse et qui engendre de bonnes rencontrent est de passer par le site web de covoiturage Amigo Express, qui nous met en contact avec un conducteur. Les frais d’essence sont ensuite à définir avec ce dernier. On en vient dont à 40$ aller et retour, en étant plus rapide et en sociabilisant. Avec Renato, l’un de mes colocataires actuels, nous décidons d’opter pour cette solution au milieu du mois de juin, pour enfin visiter cette ville historique à l’égard de laquelle les gens ne tarissent pas d’éloges.

Le Vieux-Québec
Après 2h30 de route, en compagnie d’un Français installé depuis 5 ans au Québec et d’un Québécois pure souche, nous arrivons enfin dans la capitale du Québec. Là, nous sommes hébergés par Mike, un ami d’ami qui réside temporairement chez Manu, un de ses amis, qui lui-même vit chez une de ses amies (tout le monde suit ? Parce que moi, je n’ai pas trop compris…)
Après avoir fait connaissance avec notre hôte, nous nous dirigeons vers Saint-Jacques, petite rue commerçante où alternent bars, restaurants et magasins touristiques. L’endroit possède un charme très prononcé, avec des bâtisses bien plus européennes qu’à Montréal, de jolies maisons inspirées de l’architecture de Saint-Malo, la ville natale de celui qui découvrait le Québec, l’illustre Jacques Cartier. A ce propos, le nom de Québec tire son nom de l’amérindien Kebec, qui signifie « là où le fleuve se resserre. » La ville a en effet été fondée à l’endroit où le Saint-Laurent se fait plus étroit.
Pour en revenir à notre périple, nous visitons quelques bars dans la vieille ville, en compagnie de Québécois fort sympathiques, avant de se restaurer puis de se coucher totalement repus.

Devant les chutes de Montmorency, hautes de 83 mètres.
De droite à gauche : notre hôte Mike,
mon colocataire Renato, et un mai Pierre.
Le lendemain matin, nous nous rendons en voiture à une dizaine de kilomètres hors de la ville, aux chutes de Montmorency (nommées ainsi en l’honneur de l’amiral de France de la fin de XVIème siècle.) Plus hautes de 30 mètres que les chutes du Niagara, mais évidemment bien moins larges, elles dégagent une puissance telle qu’on se sent rapidement dépassé par cet élément. Les tourbillons font s’envoler de telles quantités d’eau qu’en s’approchant à moins de 50 mètres, on devient trempé des pieds à la tête. Nous nous promettons de revenir un jour où le temps sera au beau fixe, armés de maillots de bains, de serviettes et d’affaires de rechange, pour éviter le passage obligatoire par le sèche-linge que nous avons dû effectuer cette fois-ci.

Le Château Frontenac
Après avoir laissé notre hôte vaquer à son travail, Renato et moi décidons de visiter le vieux Québec, situé sur la partie haute de la ville, et nommé en conséquence la « Haute-Ville. » De ravissantes rues pavées, des bâtiments très historiques, et notamment le château Frontenac et son grand toit vert, le célèbre symbole de la ville. L’endroit est, je l’ignorais, un hôtel. Ca rompt un peu le charme, à mon humble avis. Mais le bâtiment reste une splendeur tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, où les parois du hall principal sont intégralement recouvertes d’or. La terrasse Dufferin, au bas du château, offre un beau panorama sur la Basse-Ville, le fleuve et la rive d’en face. Et en descendant vers le Sud le long de cette terrasse, on parvient rapidement à la citadelle, toujours en service, qui surplombe les mythiques plaines d’Abraham. En 1759, sur ces terres, eut lieu une féroce bataille opposant les troupes britanniques, dirigées par le général Wolfe, aux forces françaises commandées par le général Montcalm. Les deux officiers périrent lors des combats, à seulement une journée d’intervalle. La bataille des plaines d’Abraham marqua le point de départ de la conquête de l’Empire Britannique.  


Le soir même de notre visite et la veille de notre retour pour Montréal, « un party » est organisé dans la vieille ville, sponsorisé par un grand groupe de Médias. C’est le « pinch of love » (barbiche de l’amour), célébré chaque année pour fêter la fin du CEGEP de Québec (Collège d’Enseignement Général et Professionnel), équivalent du Baccalauréat français. Environ 10.000 jeunes se regroupent sur la Grande Allée, la rue traversant le Vieux-Québec, entre 15h et 1h, tous déguisés avec de courts vêtements des 1980’s et portant les longues moustaches typiques de l’époque. La soirée est assez amusante, et nous prenons au jeu de nous raser la barbe, pour ne laisser que de grosses moustaches descendant jusqu’au bas du menton. Que ne faut-il pas faire pour s’intégrer ?!


Hommage aux Corsaires malouins









Renaud TEILLARD

23 juin 2011

Le Montréal historique : Vieux-Montréal et downtown

Vieux-Montréal, rue Saint-Antoine
Après avoir été généreusement hébergé quelques jours chez Félix, je réserve une chambre dans le dortoir du 3ème étage d’une auberge de jeunesse pour « une couple » de nuits. L’Auberge Alternative, car tel est son nom, se veut différente : tout le mobilier présent a été récupéré dans la rue, rénové et placé dans les dortoirs, les chambres et la salle commune. Celle-ci est très accueillante et propice aux rencontres. J’y croiserai ainsi Max et Steph, un jeune couple d’étudiants allemands en vacances ; une pétillante irlandaise rousse nommée Sheena, artiste à ses heures et dont les photographies sont exposées dans le couloir proche de l’accueil ; de nombreux PVTistes (détenteurs du fameux Permis Vacances-Travail permettant de séjourner 12 mois au Canada, et que j’ai moi-même obtenu), dont Renato, un Belge de Liège, Valentine, jeune Aixoise fraîchement débarquée, et Joris, amateur de wwoofing (World Wide Opportunities on Organic Farms). Cette pratique de plus en plus populaire permet d’échanger de l’huile de coude contre hébergement et nourriture, dans des fermes du monde entier.

Vieux-Montréal
L’auberge en question est placée rue Saint-Pierre, dans le Vieux-Montréal, à une cinquantaine de mètres du Vieux-Port. Le lieu entier est doté d’un grand charme : au Nord de la rue Notre-Dame se dressent d’imposants buildings de verre et d’acier ; au Sud, on retrouve les édifices en pierres de 3 à 4 étages, richement  décorés et qui témoignent de la richesse culturelle du quartier Ville-marie auquel est rattachée cette partie de la ville. Les rues Saint-Paul et Notre-Dame sont quant à elles joliment pavées et abritent de magnifiques bâtiments emplis d'Histoire : le Centre d’Histoire de Montréal, le Montreal Museum of Archaelogy, la Basilique Notre-Dame,… Avec beaucoup de charme, le lieu entier demeure néanmoins le repère des touristes en quête de boutiques de souvenirs hors de prix.



Nef de la Cathédrale-Basilique
A quelques centaines de mètres de là, et en remontant vers le Nord et le Boulevard René-Levesque, on peut se diriger vers le centre-ville, plus en accord avec les normes architecturales contemporaines : de grandes tours commerciales, pour beaucoup reliées au réseau souterrain. Un peu plus vers l’Ouest, on parvient à un trésor : la Basilique-Cathédrale Marie Reine du Monde. Troisième plus grande église du Québec, elle fut construite entre 1870 et 1894, sur l’ordre de l’évêque de Montréal de l’époque, Mgr Bourget, qui voulait  reproduire un réplique réduite de la basilique Saint-Pierre de Rome : la façade, le dôme et le décor intérieur doré et resplendissant sont ainsi grandement inspirés de l’église vaticane. L’une des spécificités de cette cathédrale réside en son environnement. Elle est en effet entourée de hautes tours : la Tour CIBC, l’imposant Hôtel Marriott, le building Place du Canada,… Et en face se dresse le sublime Edifice Sun Life, terminé en 1933 pour la célèbre compagnie d’assurances canadienne. Le splendide immeuble, rappelant certains bâtiments new-yorkais réputés, est composé en gradins et surplombés par de lourdes colonnes corinthiennes. Il est connu pour avoir notamment abrité les joyaux de la couronne britanniques en 1940. Et pour y ajouter une touche de charme, tous les jours à 17h, pour accompagner la fin des journées de travail, un magnifique carillon de 671 cloches se met à jouer des mélodies enchanteresses une demi-heure durant. Je reconnais au départ le God Save the Queen, puis l’hymne canadien, Ô Canada et l’Hymne à la Joie. Suivent ensuite des mélodies inconnues de moi. Il s’agirait, selon les passants et concierges de l’immeuble, des slogans des entreprises présents dans l’édifice, dont quelques uns qui ont fait l’histoire de la Sun Life. Et lorsque les carillons prennent la relève des bruits de voitures et de klaxons, le temps semble comme s’arrêter. Il est vrai que c’est tout de même bien plus romantique que de signaler un horaire par un carillon plutôt que par une sonnerie de réveil ou d’école !
Edifice Sun Life
























6 juin 2011

Visiting Montréal for the first time



Bd Saint-Laurent
Le boulevard Saint-Laurent
Le soir de mon arrivée, pour m’adapter aux cinq heures de décalage horaire, je me force à veiller jusqu’à 1h du matin. Heureusement, j’ai du temps à rattraper avec Félix, et les heures passent sans forcer, au rythme d’un bon match de hockey malheureusement perdu par les « Canadiens » (Montréal 2-4 Washington, tabernac !) et de quelques bières Molson Dry. Une chambre étant libre, en attendant l’arrivée du troisième colocataire dans quelques jours, je peux donc passer une bonne nuit tranquille. Le lendemain matin, je me décide à aller affronter cette grande métropole, seul contre tous. La pluie légère et la température avoisinant les 2°C, je prévois quelques couches de vêtements, enfile mes grosses chaussures de marche, mets mon bonnet noir, et tel un vrai québécois m’engouffre dans la ville. J’emprunte le boulevard Saint-Laurent, en direction du fleuve du même nom et du vieux port. A propos du boulevard Saint-Laurent, il sépare la ville en deux, tant et si bien qu’une rue qui la traverserait serait divisée en une partie ouest et une est. Et les n° partent de ce boulevard. On a ainsi le 5001 rue de Maisonneuve ouest, qui est situé à 2 kilomètres du 5001 rue de Maisonneuve est (en fait, c’est plutôt Nord-Est VS Sud-Ouest, mais bon je ne dirais rien, je ne suis pas chez moi.) Quand on est habitué, on pense ainsi toujours à regarder si la destination est Ouest ou Est. Mais quand on ne l’est pas, c’est à vous faire perdre un temps fou et à vous dire « ah c’est ouest ! P****N je suis trop c** !) Je sais de quoi je parle. Pour en revenir à nos caribous, je descends donc le Bd Saint-Laurent vers le sud. Cette partie là est assez américanisée, avec de gros blocs d’immeubles, néanmoins seulement de 3 ou 4 étages, qui alternent avec des vieilles bâtisses victoriennes rappelant l’Irlande, et de temps en temps de hautes tours commerciales, et ponctués de très nombreux bars, restaurants ou boutiques en tout genre. La neige a en grande partie fondue, n’ayant pas eu de chutes de neige depuis plus de 2 semaines. Ici et là néanmoins, jonchent des tas de neige, pour ne pas dire des collines, et mieux vaut ne pas céder à la curiosité de voir si on s’enfonce ou pas, car la réponse est bien évidemment oui !
On aime le concept du bar

Sur les coups de 14h, je m’arrête pour déjeuner dans un fast-food indépendant et demande au gérant : 
   - "que me conseillez-vous ?
   - Prenez-donc une poutine, me répond-il.
   - Une ? Pardon ? Une raspoutine ?
   - Une poutine ! C’est Montréal, ça ! Vous allez voir, c’est excellent !
   - Allez ! Va pour une poutine, alors !"
Une bonne poutine ! 

Il me sert alors un plat constitué d’une généreuse portion de frites et de fromage en grains de cheddar frais, recouverte d’une bonne dose de sauce barbecue chaude. Le tout est agrémenté d’un hot-dog aux oignons crûs. C’est vrai que ce n’est pas mauvais, et ça nourrit son homme ! Bien consistant, je me force mais échoue à finir. Je pense que c’est le genre de plat préféré des québécois lorsqu’ils rentrent chez eux dans la nuit, après une célébration quelconque. Mais ce n’est pas tout à fait mon cas, et je décide de nourrir la poubelle. En sortant, je tourne sur la rue Sainte-Catherine, côté Est. Longue de 10 km, c’est la plus importante rue commerciale de Montréal, et elle est connue pour avoir la plus forte concentration de magasins au Canada. Ainsi, on trouve non seulement des boutiques ayant pignon sur rue, mais également des centres commerciaux tous les 100 mètres. De nombreuses boutiques de mode, des restaurants, dont une filiale de l’enseigne "Les 3 Brasseurs", mon quartier général durant un temps lorsque je vivais à Lille, des opérateurs mobiles,… N’ayant pour le moment besoin de rien, envie de toi, je ne traîne que quelques heures dans les magasins.

Maisons victoriennes
Continuant mon périple vers le vieux port, et passée la majorité des magasins, je traverse le village gay (enfin je crois, au regard des nombreux drapeaux arc-en-ciel qui décorent les devantures des bars et restaurants.) Puis je continue, me délectant des charmantes petites maisons victoriennes ocre ou grises, divisés en plusieurs appartements et les escaliers métalliques tournant au-dehors.

Arrivé sur les rives du Saint-Laurent, là où la route s’arrête et où le vent cogne, je m’arrête dans un petit parc, cette fois-ci entièrement recouvert de neige, et je m’attarde sur l’oscillation irrégulière des eaux du Saint-Laurent, pas très large en cet endroit du Canada. Cherchant du regard un banc, j’aperçois ce que je pense être des barres de bois déposées tous les 5 mètres. M’approchant, je constate alors que ce sont le haut des dossiers des bancs convoités, ensevelis sous la neige. La pause sera pour plus tard…
Vue sur le Saint-Laurent


L’après-midi touche à sa fin, et je me décide à faire au moins quelque chose de constructif dans la journée : je pénètre donc une agence de la Banque Nationale du Canada, sachant que d’après mes recherches, selon de nombreux sondages et au vu de plusieurs forums Internet, c’est la mieux. Je demande à ouvrir un compte bancaire. Après une très longue minute d’attente (voire peut-être 2, j’ai failli attendre !) un jeune banquier m’accueille dans son bureau. Le rendez-vous dure une petite demi-heure, qui se mute en un véritable sketch de la part du conseiller bancaire. L’humour québécois est excellent, très fin et très… drôle, en fait. L’homme se  transforme en une publicité ambulante, et le ton qui va avec. « Ca y est vous venez d’ouvrir un cOOOOMMpte bancAAAAIIIRRE !! BRRRAVOOOO ! » On s’attend à l’entendre chanter « Pam palam pahhh ! ». Et il continue : « et voici maintenant votre toute nouvelle carte de… débIIIIIIT !!!! Elle est magnifique, n’est-ce pas ?! (Petit clin d’œil, et on voit scintiller les dents de son sourire avec un léger tintement) » Et le tout avec un certain sérieux, une explication très approfondie des conditions, des différents comptes, et des frais. Le rendez-vous terminé, en me raccompagnant vers la sortie, il me conseille de surcroît 2 ou 3 sites qui peuvent m’aider dans mes recherches d’emploi. Extrêmement sympathique, les banquiers canadiens, qui plus est dans la banque la plus importante du Canada ! C’est le genre d’évènement qui vous donne le sourire longtemps après, et que vous racontez très volontiers à
tout-va. 

Plaques d'immatriculation québécoises