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Des membres d'une tribu de l'Okanagan |
La vallée d'Okanagan, dans laquelle je serai resté plus de deux mois, se situe dans la province de la
Colombie-Britannique. A 350 kilomètres à l’Est de Vancouver (au-delà de la chaîne
montagneuse Columbia), à 150 kilomètres à l’Ouest des Rocheuses Canadiennes, elle est limitrophe de l’État américain de Washington. La région telle que connue
actuellement date d’environ 10.000 ans. A la fin de l’ère glaciaire, lorsque
les grands glaciers se retirèrent, ces derniers laissèrent dans leur sillage de
vastes dépôts de gravier, de sable et de limon, offrant une terre riches en
alluvions pouvant aisément permettre une agriculture raisonnable. Un immense
lac glaciaire laissa peu à peu sa place à un immense chapelet de lacs, dont la
superficie du plus grand correspond à 60% de celle du Lac Léman (soit 351 km²)
bien que plus étendu. Il fut nommé Lac d’Okanagan, en référence à la première tribu établie sur ses berges. Le
terme, Ukwnaqin en Salish, signifie « lieu où il y a de l’eau ». Ces
Amérindiens étaient de redoutables chasseurs de cerfs et de caribous, et parfois de chamois et d'ours, et des pêcheurs chevronnés. La richesse de la faune de l'Okanagan permettait à cette tribu d'être bien moins nomade que ses semblables. En conséquences, elle se permettait de construire des abris fixes, majoritairement des « pit houses » ou maisons en fosse, érigées en creusant un trou de un à deux mètres dans le sol, recouvert de branchages et de peaux en guise de toit. Ces Indiens vécurent en autarcie quasi totale jusqu’à la conquête de l’Ouest
canadien par les Occidentaux.
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Exemple de "pit-house" |
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Emplacement de la vallée de l'Okanagan, en rouge |
Ce fut en 1811 que le premier « visage-pâle »
entra en contact avec les natifs. Il s’agissait de David Stuart, un marchand de
fourrure écossais. Son cousin, employé à la Compagnie de la baie d’Hudson,
ouvrit trois ans plus tard la première route commerciale. Celle-ci fut plus
largement utilisée à partir de 1850 par les mineurs puis les missionnaires qui fondèrent
la ville de Kelowna, aujourd’hui principale commune de la région. On commença
par élever du bétail, industrie restant durant des années comme la plus
rentable de la région. Puis on se mit à cultiver fruits et légumes. Parmi les premiers
vergers canadiens, nombreux furent ceux qu’importèrent les Européens. Dans l’Ouest
du pays, la Compagnie de la Baie d’Hudson planta les premières graines de
pommier dans la région de Vancouver (1826.) Trente ans plus tard, les premiers
vergers furent plantés dans la région de l’Okanagan. Et dans les années 1930,
la première fabrique de vin fut implantée, et avec elle des technique
d’irrigation pouvant permettre une culture à grande échelle, et qui put ainsi résister aux
températures et à la sécheresse de la région.
Il convient ici de signaler que le Sud de la vallée
constitue l’extrémité Nord du désert mexicain semi-aride de Sonora, reconnu
pour ses immenses cactus pouvant atteindre quinze mètres de hauteur et son
altitude élevée permettant l’installation de nombreux observatoires. Cette
présence désertique confère à la ville frontalière d’Osoyoos le statut de municipalité la plus chaude et
sèche du Canada. On retrouve ainsi dans la vallée une faune et une flore unique
dans le pays : serpents à sonnette, scorpions et lézards érigent leur habitat
au milieu des cactus et autres plantes de désert.
La plus grande concentration de vignobles au Canada |
Très rapidement, l’industrie fruitière connut un essor hors du commun. A la fin du XIXè siècle, le Coldstream Ranch faisait déjà partie des plus importants producteurs de l’Empire Britannique. Puis l’importance de la culture grandit encore d’avantage avec l’arrivée du chemin de fer en 1886. Et par la suite l’industrie vinicole, notamment grâce à l’importation de plants français, devint le moteur économique de la vallée d’Okanagan. Aujourd’hui, Oliver bénéficie du statut de ville ayant la plus grande concentration de vignobles au Canada.
Renaud TEILLARD
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