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Arrivée d'Henry Hudson dans la grande baie |
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Logo de la HBC |
Mais bien plus tôt que la fondation supposée des Illuminati, la préoccupation première du Nouveau-Monde résidait dans le commerce de fourrures. Et la découverte de cette immense Baie d’Hudson (sur la côte de laquelle fut d'ailleurs trouvé des siècles plus tard le rocher le plus vieux au monde, datant de 4,3 milliards d’années), donna un accès incomparable aux territoires du Nord du Canada, et aux tribus friandes de breloques européennes. Deux aventuriers français connaisseurs de passages plus qu’utiles notamment par la baie d’Hudson, Pierre-Esprit Radisson et Médart Chouart des Groseilliers, cherchèrent à créer leur entreprise mais ne reçurent aucun soutien en Nouvelle-France. Ils s’adressèrent donc au Royaume de Grande-Bretagne. Ce dernier les aida à créer la Compagnie de la Baie d’Hudson (HBC) en 1670, société toujours existante à ce jour. Rapidement, celle-ci se dota de forces armées et érigea de puissants forts aux points stratégiques des routes commerciales dans les prairies canadiennes, affirmant ainsi peu à peu son monopole.
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Le territoire de la HBC |
Un siècle plus tard, la Nouvelle-France tombait aux mains
de l’Angleterre. Et en 1782, la Compagnie du Nord-Ouest fut fondée à Montréal,
entrant en lutte avec la HBC pour le commerce de fourrures et l’utilisation d’une
même main d’œuvre métisse. Le combat commercial devint une guerre armée jusqu’à
ce que le Gouvernement ne força en 1821 les deux belligérants à fusionner, tout
en gardant le nom de la HBC. Le monopole devint indiscutable : la compagnie
contrôlait l’intégralité du commerce de fourrures vers l’Ouest canadien. Elle
possédait un territoire aussi vaste que
les États-Unis d’aujourd’hui, construisait ses propres forts où elle
recueillait les peaux, envoyait des trappeurs toujours plus loin, et chose
étonnante possédait et battait sa propre monnaie, ce qui aujourd’hui serait
synonyme de souveraineté.
Mais dans toute société un monopole ne dure jamais
éternellement. Celui de la HBC fut très fortement amoindri en 1868, lorsque le
Parlement Britannique força la compagnie à céder la possession de son
territoire au Canada, pays créé un an plus tôt, puis définitivement aboli en
1870, ouvrant à tous le commerce de peaux.
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Un magasin La Baie, rue Sainte-Catherine à Montréal |
A ce jour, la HBC perdure encore, incarnant la personne
morale la plus ancienne d’Amérique du Nord. L’intégralité de son offre
distribuée au travers de ses différentes chaînes comble les deux tiers des
besoins en achats des Canadiens, même si la concurrence est rude, à l’image du
géant Wal-Mart ou de l’omniprésent Canadian Tire.
Avec 340 ans d’existence,
les archives de la Compagnie de la Baie d’Hudson témoignent d’une richesse
unique en matière d’Histoire, incarnant à elle seule celle du Canada tout
entier.
Renaud TEILLARD
Renaud TEILLARD
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