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La verdure au milieu du désert |
Quelques semaines après notre arrivée dans l’Ouest canadien, et après cette première expérience dans la cueillette de piments et poivrons, nous voilà en quête d’un autre type de récolte : celles des pommes. Et les producteurs du
Malus Pumila, fruit parmi les plus consommés du monde moderne, ne chôment pas dans la région. Il suffit de rouler sur la route principale pour se rendre compte de l’importance de cette industrie, au regard du nombre de vergers. Les modestes fermiers et les grandes exploitations se partagent le paysage.
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Notre premier employeur dans les pommes |
Pour prendre contact avec d’éventuels employeurs, l’expérience montre le succès du démarchage à domicile. Nous prenons donc notre
Chrysler Intrepid pour aller directement à leur rencontre. Nous trouvons rapidement un fermier nous proposant de l’aider à récolter ses dix rangées de pommiers. Eduardo est d’origine portugaise, et étudia dans sa jeunesse dans une école d’ingénieurs, avec un échange d’une année dans une université de l’Est de la France. Ayant eu une opportunité d’emploi dans notre beau pays, l'homme y renonça, sachant le futur que son rêve lui offrait en
Okanagan. Il réussit donc à s’installer dans cette région quelques décennies avant notre arrivée, et planta trois variétés de pommes, ainsi qu’une vigne lui promettant une récolte personnelle très honorable. Durant trois jours, nous partageons notre temps entre la cueillette et les fréquentes discussions avec cet intéressant exploitant au train de vie aisé et visiblement heureux de ses réalisations personnelles et professionnelles. Mais cette expérience nous offre d’avantage un enrichissement personnel qu’une augmentation significative de notre capacité financière, la tâche étant rendue ardue par la particularité de sa plantation, par son exigence et par notre manque d’expérience en la matière. Quelque peu frustrés par ce premier contrat, nous en tirons les conséquences, et repartons motivés en recherche d’une seconde expérience.
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Première expérience de "picking". Et en gants blancs, s'il vous plaît ! |
Nous réempruntons donc les routes de la région Sud de l’
Okanagan et repartons à la rencontre des fermiers. Après en avoir vu quelques un sans succès, nous empruntons les routes sur les flancs des collines entourant la vallée. L’altitude nous offre une vue splendide : les montagnes désertiques entourent la luxuriante végétation permise par les exploitations des fermiers, telle la vallée du Nil et son filet de verdure au milieu du désert. Absorbés par ce paysage, nous en perdons notre chemin, roulant au pas au milieu des vergers, en quête de quelque indice qui nous donnerait une vague destination. Venant du sens opposé, nous voyons s’approcher un quad, conduit par un jeune quadragénaire. Nous arrêtons notre avancée et lui demandons notre chemin, et par la même occasion s’il connaît un producteur de fruits proche. Nous répondant qu’il tient lui-même son exploitation, nous lui demandons alors s’il recherche de jeunes gens motivés. Après une courte hésitation, il nous propose de le suivre chez lui pour discuter. Très rapidement, et notre origine européenne aidant, il nous offre un contrat de travail de trois semaines, rémunéré à l’heure. Il nous apprendra que plus tôt dans la matinée, deux personnes lui avaient téléphoné, et à qui il avait proposé notre poste. Les travailleurs avaient promis de se rendre chez lui dans le quart d‘heure suivant. Mais deux heures avaient passé lorsque nous nous étions présentés, et il avait alors décidé de changer ses plans. De surcroît, le fermier nous présente instantanément le lieu où nous pourrons rester, immédiatement et gratuitement : une charmante
construction équipée de deux douches, deux cuisines et deux WC… Ce jour-là, la chance a visiblement décidé de jouer en notre faveur !
Renaud TEILLARD
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